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 bandeau zoom sur goncourt

Focus sur les frères Goncourt, à l'origine du célèbre prix Goncourt, décerné en novembre.

 

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Focus sur les frères Goncourt, à l'origine du célèbre prix Goncourt, décerné en novembre.

 

LES FRÈRES GONCOURT

Tout ce qui comptait dans les lettres pendant la deuxième moitié du XIXe siècle fréquenta Jules (1830-1870) et Edmond de Goncourt (1822-1896). Certains écrivains subirent l'influence du style «artiste» prôné par les Goncourt. 

Dans leur affection mutuelle, étrange cas de «gémellité littéraire», les deux frères, d'une sensibilité presque maladive, avaient forgé un prénom collectif: Juledmond. Jules était le véritable écrivain, comme le souligne Edmond (Journal du 26 décembre 1895): «Le soin amoureux qu'il mettait à l'élaboration de la forme, à la ciselure des phrases, au choix des mots, reprenant des morceaux écrits en commun et qui nous avaient satisfaits tout d'abord, les retravaillant des heures....» Après la mort prématurée de Jules, leur Journal sera poursuivi par Edmond qui continuera d'associer la mémoire de son frère à toutes ses activités. Surtout féru de peinture, il se révélera un exceptionnel collectionneur. C'était une passion qu'il tenait de son grand-père Huot de Goncourt qui siégea à l'Assemblée Nationale et de sa mère habituée à chiner le dimanche les antiquaires du Faubourg Saint-Antoine.

LE TESTAMENT D'EDMOND DE GONCOURT

Les frères Goncourt avaient voulu reconstituer l'ambiance des salons littéraires du XVIIIe siècle, et celle des nombreux déjeuners ou dîners d'écrivains du XIXe. La mort prématurée de Jules en 1870, fera d'Edmond l'animateur du «Grenier» et le créateur de la «société littéraire», devenue Académie par opposition à l'Académie française qui refusa «l'immortalité» à de grands esprits tels que Balzac, Flaubert, Zola, Maupassant, Baudelaire, entre autres. Quarante-huit heures après la mort d'Edmond de Goncourt, en 1896, à l'âge de soixante-quatorze ans, son notaire Me Duplan lisait à Alphonse Daudet et Léon Hennique, ses légataires universels, le testament qu'il avait laissé:

«Je nomme pour exécuteur testamentaire mon ami Alphonse Daudet, à la charge pour lui de constituer dans l'année de mon décès, à perpétuité, une société littéraire dont la fondation a été, tout le temps de notre vie d'hommes de lettres, la pensée de mon frère et la mienne, et qui a pour objet la création d'un prix de 5000 F destiné à un ouvrage d'imagination en prose paru dans l'année, d'une rente annuelle de 6000 francs au profit de chacun des membres de la société.»

Il est précisé que les dix membres désignés se réuniront pendant les mois de novembre, de décembre, janvier, février, mars, avril, mai et que le prix sera décerné «dans le dîner de décembre.» Ce rythme et ces dates furent adaptés par la suite aux nécessités de la vie du livre.

LA CRÉATION DE L'ACADÉMIE GONCOURT

L'Académie Goncourt -dont la vraie dénomination est «Société littéraire des Goncourt»- se réunira pour la première fois le 7 avril 1900 chez Léon Hennique, 11 rue Descamps, à Passy. Il y eut une autre réunion privée le 9 février 1903, cette fois au domicile de Huysmans, 60 rue de Babylone, pour discuter des statuts après la reconnaissance officielle de l'Académie par un décret du président du Conseil Emiles Combes daté du 19 janvier 1903.

Après la disparition d'Edmond de Goncourt en 1896, une véritable bataille juridique avait opposé la famille Huot de Goncourt aux fondateurs de l'Académie. Défendus par un jeune avocat Raymond Poincaré qui sera élu en 1909 à l'Académie française et en 1913 à la présidence de la Troisième République, les fidèles d'Edmond de Goncourt seront reconnus dans leur droit, au terme des procédures, le 1er mars 1900.

Les fameux dîners mensuels réunissant «les Dix», une expression utilisée par Jules Vallès dans un article d'ailleurs hostile à la fondation de l'Académie, peuvent enfin avoir lieu. Le premier se déroulera le 26 février 1903 dans un «salon pour noces» du Grand Hôtel, près de l'Opéra, où le célèbre Escoffier règne dans les cuisines.

LA PREMIÈRE ACADÉMIE GONCOURT

La première Académie Goncourt se réunit le lundi 21 décembre 1903 pour remettre son prix. Le vote a lieu au restaurant Champeaux, place de la Bourse. John-Antoine Nau pour son roman Force ennemie (Editions de la Plume) l'emporte au 2e tour, par 6 voix contre 3 à Camille Mauclair (Ville lumière) et 1 à Jean Vignaud (Les Amis du peuple). John-Antoine Nau recevra une lettre signée des neufs académiciens présents qui lui demandent de se présenter chez Me Boissy, notaire, chargé de lui remettre une somme de 5000 francs.

Les trois journalistes qui s'étaient déplacés, furent informés par la caissière du restaurant que le «prix des Goncourt» venait d'être attribué. Un tiers de colonne dans Le Figaro sera consacré à l'événement qui n'apporta qu'une mince notoriété à l'auteur. Quelques jours plus tard il n'était plus qu'un illustre inconnu. Il faudra attendre l'année suivante, avec le deuxième prix, décerné à La Maternelle, de Léon Frapié, pour que le Goncourt ait un certain retentissement. Dispersés, sans «siège social», sans «Grenier» commun, mais se réunissant pour choisir le meilleur livre de l'année, les premiers des Dix ne s'aperçurent qu'à la longue de leur importance et de leur utilité.

 

Source : Site internet de l'Académie Goncourt

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